Portrait de Marie Anglade


Artiste plasticienne née en 1981, je vis et travaille à Lyon depuis ma sortie des Beaux-Arts en 2006. Installée dans mon atelier à Lyon 1er depuis quinze ans, j’aime expérimenter, tester, croiser et mélanger les médiums.
J’ai toujours aimé créer des scénographies, des univers. Cette approche explique mon équivalence à l’école de cinéma de la Famu à Prague en 2005, ainsi que mon bref travail en scénographie pour le cinéma et le théâtre à la fin de mes études.

J’ai enseigné pendant quinze ans à l’école d’architecture intérieure Cread et à l’école d’art Brassart. Depuis 2025, je me consacre pleinement à mon travail artistique et à la transmission au sein de mon atelier-galerie Le Laboratoire, fondé en 2010 à Lyon 1er. J'interviens également ponctuellement en école d'art et de design et en entreprise pour des workshop, colloques ou évènements.

La peinture est pour moi le médium narratif et expressif par excellence : une image fixe, mais jamais figée dans la linéarité du temps.

Ainsi, mes propositions se font toujours par projet ou collection. Une idée, une envie, une histoire à raconter autour desquelles j’aime mélanger les médiums. Je retrouve ainsi cette notion de scénographie, chère à mon coeur. Créer un environnement, un espace à vivre, dans lequel sculptures et peintures interagissent dans une direction artistique réfléchie.

Je suis revenue à la sculpture en 2023, après la rénovation complète de ma maison. Je travaille à partir de matériaux de construction pour en révéler l'essence à travers des formes simples et organiques qui cherchent l'essentiel et me permettent de poser le cadre de mes narrations picturales.

Mon travail de dessin envisage plusieurs techniques, stylo bille, pastel sec...Et il vient en complément de ces installations.

Le blanc revient, comme toujours dans mon travail, comme unité de temps et d’espace, un espace virginal sur lequel on peut lire toutes les petites imperfections de la matière, organiques, rugueuses ou lisses qui résonnent entre ombre et lumière.

C’est ce caractère imparfait et singulier qui fait sens à mes yeux et rend chaque pièce unique et poétique.

Et c'est dans ce blanc, lumineux, solaire, que la couleur peut habiter, se réveiller doucement, apparaître, disparaître comme un souvenir évanescent...

Le corps physique, ici, vit à travers l’ensemble de mes œuvres, sculptures, peintures, installations... Leur poids, leurs formes cherchent à devenir palpables. Avec toujours une dimension narrative.

Mes inspirations sont multiples : mes proches, mes voyages, la simplicité du quotidien. Mais aussi David Lynch pour sa narration éclatée, Yves Klein pour la puissance du bleu, Lucian Freud pour la chair vibrante de sa peinture, Matisse pour la synthèse des formes, Hopper pour ses univers suspendus et narratifs. Je suis également nourrie par l’art organique de Valentine Schlegel ou d’Antti Lovag, et par le modernisme, l’art minimal ou le mouvement Memphis, entre épure et audace graphique.

Ce qui m’anime profondément, c’est le dialogue entre ces formes d’art — art, design, architecture, cinéma — et la manière dont les images, les volumes et les espaces se répondent, se transforment, se chargent de sens.

Pendant quinze ans, j’ai enseigné la sémiologie de l’image : cette attention portée au lien intime entre le fond et la forme, à ce que raconte une image, une matière ou une structure au-delà de ce qu’elle montre. Comprendre comment une forme fait sens, comment une œuvre déploie son essence, comment le visible révèle quelque chose de plus profond.

Cette recherche du sens est indissociable, pour moi, d’une recherche du beau. Parce que l’art est partout, comme la vie : tout circule, tout se relie. On retrouve cette même quête dans un tableau, un film, un objet, une architecture, un geste du quotidien.

Finalement, mon travail s’inscrit moins dans une discipline que dans un chemin : une manière d’habiter le monde, de regarder, de relier. Et peut-être, comme le disait Charles Eames, d’accepter parfois de sacrifier un peu d’utile au beau.