Marie Anglade
 

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Le blanc dans l'art contemporain

Alors qu'une nuit blanche est sans sommeil, un blanc dans une conversation est sans parole, une balle à blanc n'en est pas vraiment une, la couleur blanche très souvent définie par la négative, va jusqu'à être taxé de non-couleur. En réalité elle est la somme des couleurs du spectre, alors plutôt qu'une négation, elle serait plutôt le suprême de la couleur, une sorte de tout en elle même. Les artistes contemporains se sont aussi emparés du blanc et en ont fait un espace à prendre, un champs des possibles plutôt qu'un espace vide. Le blanc intervient tel une respiration offerte dans une société ou la saturation des couleurs et la multiplication d'images submergent notre oeil sans prévenir. Le blanc est évidément utilisé par les artistes pour le symbole de la pureté, comme ce fut le cas pour Malévitch qui peint en 1918 son fameux carré blanc sur fond blanc, moment d'apothéose de ce monde sans objet et du suprématisme, mouvement qu'il théorise et définit comme le point suprême de la peinture. En référence à la pureté du blanc, il dit d'ailleurs dans ces notes vouloir s'immerger dans cette immensitée blanche. Plonger dans le blanc c'est aussi ce que fait Safaa Erruas, artiste contemporaine marocaine. Elle n'utilise que des toiles blanches recouvertes de voilages blancs, mais liés et contre-balancés par des fils métalliques, des agraffes, des lames de rasoir, formant de micro-évènements sur la toile. Avec autant de contraste, on se doute d'une douceur de vivre qui ne va pas sans sont lot de violences et qui ne mettent que d'autant plus en valeur les moments de plénitude. Avec Saffa Erruas, on scrute la surface du blanc qui appartient au féminin pour espionner les accidents. Le formel est minimaliste mais le propos est éloquent. (...) Quant à Marie Anglade, elle opère un parallèle déconcertant entre les figures figées dans les cendres de Pompéï et sculpture contemporaine. Elle propose avec sa série C Cado, des femmes emballées et engulées, ces figures troublantes surgissent de leur socle, contraintes dans leur attitude, comme figées dans le blanc. Leur blanc satiné et évanescent vient sournoisement nous susurrer la dépendance, le plaisir et l'oppression et la volonté de libération.(...)

Marlène Girardin / Galerie Artaé / Parution dans "Ma Chic résidence" (revue architecture de luxe) / Novembre 2010

 

Entre Fiction et réalité

La galerie le Radar présente jusqu'au 31 Aout, l'exposition de Marie Anglade intitulé "Animanoïde". Marie Anglade vit et travaille à Lyon. Son installation se compose de photographies et d'affiches, ainsi que d'une série de sculptures, ou l'objet prend l'aspect d'une relique riche d'histoire, de valeur et de croyance. Avec "Animanoïde", l'artiste évoque avec humour les liens entre le sacré et le profane dans la société moderne. Elle met en scène des personnages affublés de corne d'animaux, symbolisant les 7 péchés capitaux dans des situations actuelles. Elle questionne le monde civilisé pour mieux en faire jaillir les travers. Chaque avillissement est illustré par une scène de vie quotidienne, qu'on pourrait croire banale si il n'y avait pas la présence de ces bois. Hommes et femmes coiffées de majestueuses cornes, censés être la marque d'une espèce supérieure, elles éloignent ces êtres d'une quelconque humanité. Le dispositif mis en place donne lieu à un questionnement sur le concpet de normalité. Les cornes oscillent entre fossile archaïque et parure actuelle, comme une découverte archéologique résolument moderne. Les différents médiums communiquent et dévoilent l'univers atypique, voire hybride de l'artiste, entre fiction et réalité.

Journaliste rubrique culturelle Le bession libre / Juillet 2008

 

Les 7 péchés capitaux à l'honneur

Pour la seconde fois de l'année, une femme expose au Radar. "Animanoïde" de Marie Anglade est à l'affiche de la galerie tout l'été. Grande blonde aux yeux clairs, Marie Anglade à plutôt l'air d'un ange. Les apparences sont trompeuses ! L'artiste lyonnaise de 27 ans aime sles contradictions. Son exposition "Animanoïde" mélange entre l'humain et l'animal en joue. A travers le prisme des 7 péchés capitaux, l'exposition évoque, non sans humour, la dualité entre la vision sacrée des travers humains et le profane de la société. Une sérigraphie présente de manière décalé les fameux péchés capitaux. Quelques phrases pour les décrire, et des cornes d'animaux pour habiller le péché illustré. "Sans faim picorer. transfert oubli du reste. Dans le temps de la gourmandise". Plus loin des photos illustrent ce concept religieux. Sans valeur moralisatrice, elles ont un effet miroir ou chacun peut se reconnaître dans ces scènes du quotidien. L'heure de la confession est venue. Aux quatres coins de la pièce, trônent différentes sculptures de cornes. Il ne nous reste plus qu'à nous, pauvres pécheurs, d'en attraper une paire et de s'en orner la tête. Pour mieux se confesser.

Lorène de Susbielle / Journaliste rubrique culturelle Ouest France / Juillet 2008

 

Les 7 péchés capitaux par Marie Anglade

Une autre première au Radar : Mardi soir a lieu à la galerie d'art contemporain le vernissage de l'exposition de Marie Anglade, diplômée des Beaux arts de Lyon et conceptrice de l'exposition baptisée "Animanoïde" qui, exceptionnellement durera les deux mois d'été. Marie Anglade est la seconde femme à exposer cette année à la galerie et dans cette exposition elle évoque avec humour les liens entre le sacré et le profane dans notre société moderne sur le thème des 7 péchés capitaux. Elle a choisi de mettre en scène des personnages tirés de notre quotidien et les a coiffés de cornes d'animaux comme par exemple pour la luxure : Elle a choisi de mettre sur la tête de son personnage masculin des bois de cerfs qui selon la légende auraient des excroissances qui pousseraient à chaque conquête... En tout 7 sculptures en bronze (cornes de bélier, d'antilope, de taureau, de licorne, d'éléphants et de rhinocéros), des cornes du diable symbole des 7 péchés capitaux, sept photographies à tirage unique avec en regard 7 aquarelles tout aussi unique avec une définition poétique du péché comme celui de la luxure qui est : "fille de la beauté, soeur de lma vanité, aube ou crépuscule dans ses barbelés" ou encore la paresse : "l'ennui rentre dans le monde par la paresse, celui-là même qui découle du succès des autres"... A méditer... En attendant, cette jeune artiste plasticienne de 27 ans prépare une exposition d'une dizaine de toiles figuratives pour la ville de Benevento en Italie.

Journaliste rubrique culturelle La Renaissance / Juillet 2008

 

L'oeuvre de Marie Anglade, Animanoïde, porte sur les 7 péchés capitaux (l'envie, l'orgueil, la gourmandise, l'avarice, la luxure, la colère et la paresse) : 7 Illustrations portent le nom de chacun des péchés. Entourés de volutes et d'arabesques de style Art Nouveau, des portraits d'hommes et de femmes portant des cornes. 7 photographies illustrent chacune un péché. Des scènes quotidiennes où un personnage en situation est affublé de cornes. 7 paires de cornes moulées en bronze sont présentées au centre de la pièce. Il peut paraître étonnant qu'un thème biblique soit le sujet d'une oeuvre contemporaine au moment où la religion semble avoir perdu de son influence. Pour l'artiste, ce thème permet d'évoquer, avec humour, les liens entre le sacré et le profane aujourd'hui. La corne à le sens d'éminence, d'élévation. D'une façon générale, la corne symbolise la puissance et la force de l'animal qui la porte. Mais les cornes peuvent aussi avoir des connotations négatives. Ainsi, le diable est représenté avec des cornes et des sabots. Pour ses sculptures, Marie Anglade a employé du bronze, un matériau noble. Cette intrusion du sacré dans l'art contemporain (à priori profane) n'est pas sans rappeler la citation attribué à André Malraux : "Le XX° siècle sera religieux ou ne sera pas". Cette citation signifie que la laïcisation de la société industrielle n'implique pas la "religiosité". En effet, la sécularisation de valeurs religieuses illustre la permanence des valeurs humaines universelles. Le caractère "profane" d'un comportement auparavant "sacré" montre que les valeurs (le bien, le mal) et les thèmes traditionnels religieux dépassent les clivages et sont communs à la plupart des sociétés. André Malraux, ne faisait que constater une évidence : se demander "pourquoi quelque chose plutôt que rien ? ", "Qui est ont? Où va t'on?", fait toujours partie de la nature humaine. C'est en partie cela que Marie Anglade décrit dans son oeuvre.

Alain Diogo / Commissaire Maison des Expositions de Genas / Janvier 2008

 

Une expositions "science-fiction" dans l'atrium de l'hôtel de ville de Genas

Une exposition est actuellement en place dans l'atrium de l'hôtel de ville, intitulée "Galaxie 89", elle est l'oeuvre de deux artistes contemporains, associés : Marie Anglade, artiste plasticienne et Stephane Mesguich, alias Stéréotype, graphiste et illustrateur. Le duo se complète en travaillant à partir de supports variés : graphisme, sérigraphie, vidéo, sculpture, installation... Galaxie 89 relève de la science-fiction. Il s'agit d'une installation à deux figures. La première est extérieure : elle surmonte un socle monumentale, coiffée en son faîte par le matériau vedette de l'exposition, une pierre géante et lumineuse composée de multiples facettes en miroir et animée par un mouvement rotatif. La seconde figure est interne : elle recèle en son for intérieur une projection vidéo montrant "l'exploration de Trivia, planète imaginaire sur laquelle la pierre a été découverte". Lors du vernissage, Patricia Quétier, adjointe aux affaires culturelles, s'est une nouvelle fois félicitée de l'ouverture de la ville sur cet art contemporain qui interpelle toujours.

Sylvie Mercier / Journaliste Rubrique culturelle du Progrès / Décembre 2007

 

Galaxie 89 et le nom de la collaboration de Marie Anglade et Stéphane Mesguich aka Stéréotype. Marie Anglade (artiste plasticienne) et Stéréotype (graphiste-illustrateur) ont des pratiques bien définies sur des thèmes divers : clichés et stéréotypes de la société, fiction et narration, culture populaire, science-fiction, publicité, société de consommation... Toutes ses références se sont mélangées et remixées pour créer un nouvel univers énigmatique et ludique. Ils commencent à collaborer en Janvier 2006, après avoir trouvé des corrélations dans leurs projets artistiques. Lors de plusieurs expositions en commun, ils présentent leur travail personnel et des pièces réalisées en collaboration. Créant un nouvel univers graphique et poétique, chacun s'enrichit de la pratique de l'autre. Ils utilisent des médiums très variés dans leur travail : Marie Anglade travaille l'installation et met en interaction vidéo, sculpture, photographie, sérigraphie et peinture. Stéréotype travaille sur des supports graphiques, infographiques et sérigraphiques. cette collaboration les a mené à entreprendre un projet d'envergure dont l'exposition à l'hôtel de ville de genas est l'ouverture. Galaxie 89 ouvre sur un univers magique et imaginaire symbolisé par la pierre de miroir. Cette galaxie, située à des années lumières du système solaire, dévoilera ses trésors au fur et à mesure de l'évolution du projet. Des installations, comprenant différents médiums tel que la vidéo, la sculpture, la peinture, la sérigraphie... Se mélangeront et communiqueront entre eux pour nous faire rentrer pas à pas dans cet univers. Galaxie 89 "Footing sur Trivia", Cette oeuvre, qui puise ses sources principalement dans la science-fiction, est un univers utopique dans lequel tout devient possible. L'exposition de l'atrium de l'hôtel de ville de Genas, présente le symbole de la Galaxie 89 : une pierre géante et lumineuse en mouvement rotatif. A l'intérieur de son socle, une projection vidéo montre l'exploration de Trivia, planète sur laquelle la pierre a été découverte. La lumière est le matériau de cette installation. Tous les soirs, l'oeuvre se transforme pour donner un éclairage nouveau sur cet espace monumental.

Alain Diogo / Commissaire Maison des Expositions de Genas / Décembre 2007

 

La vie est mieux en POP

Cela faisait bien longtemps que la MAPRA (Maison des Arts Plastiques Rhône-Alpes) n'avait plus montré au public des oeuvres aussi excitantes. L'exposition de la lyonnaise Marie Anglade transpire le pop art, attire l'oeil et stimule l'esprit. D'un style résolument contemporain, Marie Anglade présente Meanwhile Jelly, un ensemble installation, vidéo et toiles qui aurait largement sa place au musée. Anglade y décline le même personnage : un cosmonaute gavé de gelée alimentaire dont on se demande s'il devient ce qu'il a mangé ou s'il est inexorablement aspiré par le vide du cosmos... Entre art optique et culture pop, cette exposition jouissive et bien dans l'air du temps, séduit au premier coup d'oeil pour mieux ouvrir les portes de la réflexion.

Jordan Clavel / Journaliste rubrique culturelle pour Lyon Capitale / Mars 2007